Charles Prats : “Je tire la sonnette d’alarme !”

Visé par une enquête administrative lancée par le Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, en raison de ses prises de position publiques, le magistrat Charles Prats récidive dans sa dénonciation des fraudes en France et publie le second volet de son Cartel des Fraudes (ed. Ring).
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En 2020, Charles Prats révèle la somme astrologique des fraudes sociales commises annuellement en France : 50 milliards d’euros. “Les dépenses de protection sociale représentent 787 milliards d’euros par an”, souligne-t-il, incluant le chômage, les maladies, les retraites et les allocations, soit “un tiers du PIB”.

Aujourd’hui, Charles Prats estime que “la situation financière de la France n’est pas bonne”, conséquence du “quoiqu’il en coûte” et de la dégradation progressive de la politique budgétaire depuis 1981 : “La persistance du laxisme budgétaire de la part des gouvernements nous a menés à cet état de fait potentiellement dramatique parce que si aujourd’hui on peut continuer à s’endetter sans que ça ne nous coûte rien en intérêts, en revanche, le stock de dettes est toujours là et il faudra bien le rembourser un jour puisque les emprunts arrivent à échéance”. Aujourd’hui, l’endettement de la France s’élèverait à 2.800 milliards d’euros avec un déficit budgétaire qui avoisinerait les 250 milliards d’euros, l’année prochaine. “Si demain, la situation économique et financière de la France se dégrade, il faudra avoir des réactions très violentes économiquement et socialement”, alerte le juge, craignant une crise similaire à celle de la Grèce.

Une fraude sous-évaluée ?

Souvent contesté pour ses estimations jugées “approximatives”, bien que majoritairement fondées sur les rapports de la Cour des comptes, et vivement critiqué sur ses prises de position à l’égard des hautes instances, Charles Prats ne se démonte pas : “Si vous admettez au niveau gouvernemental que les prestations sociales sont très largement fraudées, les citoyens vont demander des comptes à leurs dirigeants et derrière vous allez avoir des impacts électoraux et politiques…” Dans son premier volume, le juge démontre que pour 67 millions d’habitants, la France compte 73,7 millions de bénéficiaires de prestations sociales, preuves à l’appui. A ne pas confondre avec les cartes vitales dont le surnombre s’élèverait à 1,8 millions, selon la commission d’enquête parlementaire, alors que cet excès avait atteint 2,6 millions, l’an passé, et 5,2 millions en 2019. La même année, la commission des Affaires sociales du Sénat estimait le coût de la fraude aux faux numéros de sécurité sociale à 140 millions d’euros par an, alors que Charles Prats l’estimait à 14 milliards.

Désormais visé par une enquête administrative pour ses “prises de position publiques” illustrant parfois “des positions politiques”, Charles Prats dénonce une pression d’ordre politique. “Si les gens veulent savoir pourquoi le gouvernement lance cette enquête administrative, ils n’ont qu’à lire le tome 2 de mes livres sur les fraudes en France. Ils vont comprendre“, déclarait-il dans les colonnes du Figaro. En attendant, l’auteur de Cartel des fraudes 2 tire la sonnette d’alarme et s’interroge : “On fait quoi maintenant ?”

Retrouvez l’entretien ici.

Maud Koffler

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