Politique

Débat décevant entre Éric Zemmour et Valérie Pécresse

11 mars 2022
Crédits photo : Capture d’écran / LCI-TF1
Temps de lecture : 3 minutes

Éric Zemmour et Valérie Pécresse ont débattu une heure et demie sur TF1 et LCI. Jugé cafouilleux et inaudible par certains, ce face-à-face était pourtant attendu par les soutiens respectifs des deux candidats.

À peine le temps de saluer son adversaire que les premiers coups commençaient à pleuvoir. Dans un face-à-face aux allures de combat de coqs, les deux candidats, au coude-à-coude dans les sondages se sont étrillés pendant une heure et demie. Attendu par leurs équipes de campagne, le débat avait été préparé et mûri de chaque côté. Première à prendre la parole, la candidate des Républicains n’a pas hésité à enlever les gants pour frapper à grands coups son adversaire : «Dans les guerres, se révèlent les caractères et les valeurs» estime-t-elle, avant d’ajouter : « il y a un esprit gaulliste dont je me réclame et un esprit munichois ». Le ton était donné. Pour Valérie Pécresse, son adversaire est un « défaitiste », « fasciné » par la force », placé « sous l’influence de Poutine ». Citant Jean Monnet, père de l’Europe, et ennemi du Général de Gaulle, la présidente de la région île-de-France estime que l’Europe « se fera dans les crises ».

Réponse cinglante d’Éric Zemmour

En guise de réplique, le candidat du jeune parti Reconquête a donné un cours d’histoire politique à la candidate se réclamant du Général de Gaulle : «La gaulliste qui cite Jean Monnet, son ennemi juré, c’est beau, c’est beau comme un oxymore» s’amuse Éric Zemmour, avant de l’envoyer dans les cordes : « Quand vous dites que vous êtes pour un pilier européen de la défense dans le cadre de l’OTAN, vous êtes exactement pour le contraire de ce contre quoi a lutté le général de Gaulle toute sa vie. Encore une fois, vous n’êtes qu’une gaulliste de pacotille ».

Islam et islamisme

Sur la question de l’islam, les échanges se sont révélés encore plus cacophoniques. Accusée de mansuétude à l’égard de l’islamisme par Éric Zemmour, la candidate rétorque sèchement – sans doute pour éviter le sujet : « Moi, il n’y a pas de saluts nazis dans mes meetings ».  « Hitler est mort il y a soixante-quinze ans […] vous êtes absolument un[e] collabo du totalitarisme islamique » lance agacé l’ancien journaliste. Des propos appuyés par la suite par une photo postée sur Twitter montrant la candidate entourée de petites filles voilées.

Une fin de débat moins houleuse

Sur les questions économiques, les deux candidats de droite, là-aussi, montrent leurs différences. «Je ne peux pas travailler avec Monsieur Zemmour qui ne veut pas faire de vraies réformes», conclut la candidate des Républicains. «Madame Pécresse, c’est 20h02. À 20h02, elle appellera à voter pour Emmanuel Macron. […]. Il ne faut pas réformer la France, il faut une révolution» indique Éric Zemmour. Les deux candidats irréconciliables ont attiré plus de 5 millions de téléspectateurs lors de la première partie du débat diffusée sur TF1, un score largement honorable. Quant à savoir qui est sorti vainqueur de cet échange, il faudra attendre les prochains sondages.

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