Histoire

Emmanuel Macron tend la main aux pieds noirs

26 janvier 2022
Crédits photo : Jacques Paquier / Flickr
Temps de lecture : 3 minutes

Ce mercredi 26 janvier, Emmanuel Macron doit recevoir à l’Elysée des associations de rapatriés d’Algérie, afin de leur « porter une parole de reconnaissance. » Un geste qui vient s’ajouter à la longue liste des actes mémoriels du Président de la République.

Les campagnes se suivent et se ressemblent. En 2017, Emmanuel Macron, alors encore candidat, qualifiait la colonisation en Algérie de « crime contre l’humanité » dans un entretien accordé à la chaine algérienne Echorouk TV. « C’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. » ajoutait le futur Président de la République. À l’époque, les pieds noirs hurlaient à la trahison.

La fusillade de la rue d’Isly

Cinq ans plus tard, l’histoire semble se répéter. Seulement cette fois-ci, le Président en quasi-campagne décide de s’adresser à ces rapatriés d’Algérie. D’après les informations du Monde, le chef de l’Etat doit recevoir des associations de pieds noirs à l’Elysée, en ce mercredi après-midi. Seraient également invités les chanteurs Enrico Macias et Lara Fabian, Christian Estrosi, maire de Nice, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et même Robert Ménard, maire de Béziers.

Durant cette rencontre, Emmanuel Macron a pu évoquer la fusillade de la rue d’Isly qui continue encore aujourd’hui de marquer les mémoires. Le 26 mars 1962, quelques jours après la signature des accords d’Evian, des soldats de l’armée française ouvraient le feu dans la rue d’Isly, à Alger, pour contenir ce que le Général de Gaulle qualifiera « d’émeute » dans ses mémoires. Or, ce jour-là, des Français, partisans de l’Algérie française défilaient dans les rues d’Alger et tentaient de forcer les barrages. La foule des manifestants est alors mitraillée pendant une quinzaine de minutes. Selon le bilan officiel, 49 civils périssent alors.

Pour le Président de la République, le « massacre » de la rue d’Isly – 26 mars 1962 – est un acte « impardonnable pour la République ». Quant au « massacre » d’Oran par le FLN – du 5 juillet 1962 – qui toucha « des centaines d’Européens, essentiellement des Français », il doit être « reconnu » a déclaré le chef de l’Etat.

Multiplication des actes mémoriels

Emmanuel Macron n’en est pas à son premier acte mémoriel sur l’Algérie. Depuis le début de son quinquennat, il multiplie les actes de reconnaissance et de repentir. Après avoir commandé à Benjamin Stora un rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie – que certains jugent « non-objectif » voire « inadmissible » – le chef de l’Etat a reconnu la responsabilité de l’armée française dans la torture et la mort du mathématicien communiste Maurice Audin, et de l’avocat nationaliste Ali Boumendjel. Et fidèle à sa politique du « en même temps » Emmanuel Macron a, plus récemment, demandé « pardon » aux harkis, ces soldats algériens qui avaient fait le choix de la France.

Alors que du côté de l’Elysée, les conseillers assurent que la rencontre de ce 26 janvier n’a vocation qu’à apaiser les relations avec les pieds noirs, certains n’hésitent pas à dénoncer une intention électoraliste. Quelques associations de pieds noirs ont donc décidé de décliner l’invitation de l’Elysée et demandent au chef de l’Etat de retirer ses propos de 2017 sur la colonisation en Algérie.

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