Industrie

Jérôme Fourquet

12 janvier 2022
Temps de lecture : 3 minutes

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Livre Noir a reçu dans son studio l’analyste politique Jérôme Fourquet pour parler de ses deux derniers livres « l’Archipel Français » et « la France sous nos yeux », le premier évoquant « le constat d’une fragmentation sans précédent du corps social de la société française » que l’auteur image aujourd’hui comme « une archipel d’iles ignorant les unes les autres » ; le deuxième évoquant « une société qui s’est métamorphosée en profondeur, entrant pleinement dans l’univers des services, de la mobilité, de la consommation, de l’image et des loisirs. »

Pour l’invité, François a choisi une citation de Houellebeck dans son nouveau livre « Anéantir » :

– « La France avait montré sa compétence et sa pugnacité dans le domaine du low cost, le rachat de Dacia par Renault avait été sans doute la plus impressionnante success-story dans l’histoire récente de la construction automobile. » car ça fait écho à « la France sous nos yeux ». »

– Jérôme Fourquet : « Elle m’évoque ce qu’on a appelé avec Jean-Laurent Castelli le processus de démoyennisation, c’est-à-dire le désarrimage du bas de la classe moyenne, qui n’arrive plus à suivre la cadence de la société de consommation. Le marché a développé des offres éco alternatives, marché de substitution, commencé à la fin des années 80 comme le développement du hard discount, Aldi, ou encore l’importation de Dacia qui était une marque roumaine rachetée par la régie Renault. »

À travers cet entretien, l’invité retrace les grandes lignes de ses dernières œuvres : « l’archipel français part du constat d’une fragmentation sans précédent du corps social de la société française, sans dire que la France a été une et indivisible et totalement homogène, mais il y avait de grandes matrices structurantes qui organisaient en bloc la société française. Pour faire simple nous avions une matrice qu’on pourrait appeler catho républicaine ou catho laïque dont les deux piliers se sont affrontés de la révolution française jusqu’aux années 80… L’acte de décès du catholicisme en France, même s’il subsiste, n’a plus le pouvoir organisationnel… Dans les années 1960, 30 à 35% des Français allaient à la messe tous les dimanches, aujourd’hui ceux-là ne représentent que 5 à 6% des Français. Ils ne représentent qu’un ilot de l’archipel aujourd’hui. »

Jérôme Fourquet explique sa thèse de démoyennisation évoquée dans « la France sous nos yeux » : « Vide greniers, auto-entrepreneurs, créer des marges de manœuvre financières pour pouvoir s’offrir les produits iconiques…le panier exigible de biens ou services crée sans cesse de nouveaux besoins et de nouveaux désirs… Il y a une montée en puissance du niveau moyen de confort, mais qui se paye à un prix toujours plus élevé et une partie de la population n’arrive plus à suivre la cadence. »

L’entretien se poursuit par une analyse politique d’évènements sociétaux importants qui bouleversent le pays aujourd’hui, notamment le traitement du sujet « pass sanitaire » par les candidats à la présidentielle, ou encore le pouvoir d’achat.

Pour conclure l’interview Jérôme Fourquet nous confie ce qui lui donne de l’espoir en France aujourd’hui : « Certaines entreprises industrielles qui innovent, qui développent, qui irriguent des territoires… Dans le contexte pandémique… on se dit qu’il y a quand même des gens aujourd’hui dans les nouvelles technologies, dans un délai très court qui sont capables de proposer des solutions, des produits très performants. On n’est pas dans un discours totalement décliniste, il y a encore un génie créatif français, il y a encore des secteurs où il se passe de belles choses. »