La simplicité en matière de réforme économique, une idée neuve

Le choc de confiance souvent promis ne se matérialisera au début du prochain quinquennat que par des mesures activées rapidement, simples à comprendre, de grande ampleur et ne cherchant pas à viser des sous-catégories.
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“Pour rendre le fil à l’épée, il est temps que l’élite militaire restaure la philosophie propre à son état.” – Charles de Gaulle

Dans un essai merveilleux de style et de pertinence, le Fil de l’épée, le jeune colonel Charles De Gaulle prédit en 1932 l’erreur de principe qui mènera à la défaite de 1940. De Gaulle n’y parle pas de tactique ou d’équipements, il y parle de stratégie et de l’attitude des dirigeants.

Nous avons aussi aujourd’hui besoin d’un changement d’approche de grande ampleur, mais en matière économique. Il est encore temps de réagir, à condition d’établir le bon diagnostic – un État Léviathan exigeant la plus importante fiscalité d’Europe et une réglementation absconse – et les bonnes mesures mais en sus, ce qui est rarement discuté, d’opérer un changement de doctrine de la réforme économique.

La puissance publique régule mais ne pilote plus l’économie.

Didier Liautaud

L’économie du 20ème siècle était difficile, celle du 21ème siècle est complexe. Là où on pouvait demander à quelques hauts-fonctionnaires de talent de trouver des équilibres subtils on doit désormais faire confiance aux forces vives du pays, publiques comme privées, pour s’adapter au regard de leurs contingences propres. La puissance publique régule mais ne pilote plus l’économie, son rôle est de créer les conditions laissant au génie français un cadre équilibré dans lequel s’exprimer.

Et il y a les circonstances. Un chômage de masse qui dure depuis 40 ans, une stagnation du pouvoir d’achat depuis au moins 20 ans, une croissance décevante depuis les années 90 et les effets de la crise historique du Covid-19 que nous ne maîtrisons pas encore. Nous devons avoir un impact puissant et immédiat.

Hors, notre appareil d’État ne s’est pas adapté. Les équipes qui nous gouvernent en 2021 croient encore qu’elles maîtrisent tous les effets de leurs mesures et font donc dans la dentelle technocratique: crédits d’impôts, exonérations, rééquilibrage entre taxes, dispositifs ciblés,…Elles veulent être fines quand il faut d’abord être efficace. L’inventivité économique des quarante dernières années a peut-être permis à certains de briller, voire de réussir, mais ses résultats sont médiocres.

Changeons. Le choc de confiance souvent promis ne se matérialisera au début du prochain quinquennat que par des mesures activées rapidement, simples à comprendre, de grande ampleur et ne cherchant pas à viser des sous-catégories. Le gouvernement sorti des urnes devra se baser sur des mécanismes existants avec des modifications de paramètres ou des suppressions. Il sera toujours temps à partir de 2024, une fois une dynamique durable enclenchée, de débattre des décennies à venir. Gouverner c’est prioriser.

Moins de niches fiscales, plus de baisse d’impôts. Moins d’exonérations, plus de suppressions. Moins de créations de nouveaux dispositifs, plus d’utilisation de ce qui fonctionne déjà.

Didier Liautaud

Il faut un cap clair et agir de manière déterminée, mais il faut aussi l’humilité de ne pas croire que nous comprenons tous les effets collatéraux de mesures qui, se voulant intelligentes, ne font que rajouter au maquis économique français. Une fois les mesures annoncées et votées au cours des douze premiers mois du mandat, on doit être obsédé par la stabilité fiscale et la qualité de la mise en œuvre.

Moins de niches fiscales, plus de baisse d’impôts. Moins d’exonérations, plus de suppressions. Moins de créations de nouveaux dispositifs, plus d’utilisation de ce qui fonctionne déjà. Voilà la radicalité nécessaire à la transformation économique, véritable, de la France. Voilà comment servir tout de suite les deux seuls enjeux qui comptent en matière économique : un travail digne pour tous et le pouvoir d’achat dont l’augmentation conditionne à l’échelle d’un individu le progrès social.

Enfin, dans un monde de plus en plus incertain et volatil, l’idée de proposer un programme sans degré de flexibilité est une illusion qui alimente le pessimisme, voire le cynisme du citoyen. Un programme sans degrés de liberté multiplie le risque de se retrouver acculé par des circonstances imprévisibles, voire exceptionnelles comme la crise du Covid-19, et de se retrouver contraint, même pour un gouvernement de bonne foi, de renier tout ou partie de ses engagements.

2022 sera en terme d’économie un choix entre des visions, des candidats et leurs équipes ; il doit aussi être celui d’une méthode.

Didier Liautaud, membre du comité stratégique et responsable du programme économique d’Objectif France

Une réponse

  1. Didier Liautaud participe activement aux travaux du comité de réforme de l’action publique d’Objectif France. L’objectif de reduire la depense publique de 10 %, soit économiser 130 Md€ sur 5 ans, n’est pas que comptable. Il s’accompagne d’un projet d’amélioration des services publics. Comment? Par une réforme de l’État la plus importante jamais menée depuis le retour au pouvoir du Général de Gaulle en 1958. En mettant fin à l’État Léviathan- moins de dépenses publiques donc moins d’impôts et de taxes, moins de structure publiques et parapubliques donc moins de réglementation- Objectif France veut dès son arrivée au pouvoir créer un choc de simplification administrative massif qui libère le fantastique potentiel d’énergie que recèle notre pays et qui permettent à nos forces vives de déployer leur génie créatif.

    Stéphane Morel
    Membre du comité stratégique d’Objectif France
    Responsable du comité de réforme de l’action publique.

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