Le grand épuisement écologique

Et qui mieux que la France pour incarner une voie saine pour protéger cette Nature que la gauche divinise et que la droite méprise ?
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur telegram
Partager sur email

Notre Maison brûle, et nous la regardons brûler, impuissants, tétanisés par les imprécations d’une gamine déscolarisée. Oui, notre Maison brûle et notre devoir de conservateurs, c’est aussi bien d’empêcher les progressistes fous de se jeter dans le brasier que certains à droite de regarder ailleurs. L’écologie, nous devrions la rebaptiser « écophilie », l’amour du foyer. Elle est pleinement conservatrice. Les premières sentinelles à avoir mis en garde contre le déferlement de la technique, l’hybris de l’individu et la croissance infinie sont des conservateurs : Bernanos, Ellul et Charbonneau et ce dès les années 40 et 50 du siècle dernier ! Ne nous laissons plus voler la défense de la Nature par des rapaces obsédés par le profit à court terme ou par des illuminés qui font l’amour aux arbres. Entre les collapsologues hystériques et les climatosceptiques idéologues, il existe une autre voie, nuancée, la seule voie politique qui accepte le temps long et les contingences de l’Histoire. C’est parce que le conservatisme voit loin derrière et loin devant qu’il peut répondre aux défis environnementaux.

Nous proposons un contrat social entre les morts, les vivants, et les personnes à naître : n’est-ce pas là le secret d’une relation équilibrée avec nos ressources, le secret de la préservation du monde légué par nos pères, et que nous transmettrons à nos enfants  ?
 

Et qui mieux que la France pour incarner une voie saine pour protéger cette Nature que la gauche divinise et que la droite méprise ? Mon pays est un des territoires qui possède, avec ses régions d’Outre-Mer, l’une des plus incroyables diversité de paysages, de terroirs, de littoraux, d’espèces de faune et de flore, et de manière d’aménager, de cultiver, et de fertiliser. Nous sommes un des premiers pays à avoir protégé notre patrimoine historique et naturel, nous avons la chance d’avoir des sources variées d’approvisionnement énergétique, et un potentiel d’autosubsistance.

Ne croyez pas à ce mantra : « à problème global, solutions globales », c’est un sophisme stupide, comme « l’immigration est une chance ». Au contraire, seuls des Etats Nations puissants ont les moyens et la volonté de s’attaquer aux défis écologiques. Ne laissez pas la question climatique sur laquelle nous avons une prise limitée effacer la disparition de la biodiversité, l’artificialisation des terres, le modèle d’hyper consommation, sur lesquels chaque Etat, mais aussi chaque citoyen a un poids considérable.

Toutes ces COP sont des cirques coûteux qui brassent du vent et ne produisent que des déclarations d’intention.

Seule l’échelle nationale propose des solutions opérationnelles, encore faut-il que les politiques soient à la hauteur.

Les rois entamaient la protection des forêts au 13e siècle et Emmanuel Macron ouvre leur privatisation ! C’est un urbain, qui ne connait pas la terre.

Je connais le granit de la Bretagne et les dentelles du Vaucluse, je connais la douceur du Val de Loire et les plaines du Nord : on ne protège pas ce que l’on ne connaît pas. Mieux vaut savoir distinguer à l’œil nu un sol vivant et fertile que des molécules de CO2.

Choisissons de refuser la fiscalité punitive, qui s’est montrée hypocrite, inefficace et injuste. Faut il rappeler que c’est un mensonge du gouvernement sur la taxe carbone qui a entrainé la crise des gilets jaunes ?
Choisissons de refuser un libre échange devenu absurde et criminel, où des chômeurs achètent à des esclaves. Et ce libre échange va de la production quand un agneau de Nouvelle Zélande est vendu 30% moins cher que celui produit par votre voisin, jusqu’au recyclage quand nous fermons les yeux en envoyant nos pires déchets dans les pays du tiers monde.

Choisissons d’accepter la coercition quand le Bien Commun est en jeu : on regrette de ne pas avoir interdit plus tôt les pailles et les sacs en plastique. En la matière, les industries agro alimentaires ont des marges d’amélioration considérables : si elles ne décident pas de changer, les Etats peuvent coopérer pour leur forcer la main.

Choisissons le localisme qui est fils du conservatisme. Nous devons sentir local et penser national. Le retour à une économie de proximité, quand cela est possible, permet non seulement de réduire notre empreinte carbone, mais de préserver des métiers, et la vie de nos villes et villages.

Choisissons l’investissement dans la recherche, sans céder aux modes et aux lobbys. Il faut un panachage des sources d’énergie et d’approvisionnement. Le récent brevet qui permettrait de fabriquer des batteries presque éternelles à partir de déchets nucléaires est une bonne nouvelle, mais toute découverte a ses effets pervers : ne nous leurrons plus, il n’y a pas de solution miracle. Chaque territoire a ses atouts, ne soyons pas monomaniaques : on voit les limites de l’électrique, qui devient polluant et nous place dans une forte dépendance vis-à-vis de la Chine pendant que la géothermie ou l’hydrogène sont sous employés.

Choisissons de soutenir les belles initiatives individuelles, elles ne sont pas suffisantes pour renverser notre modèle économique suicidaire, mais elles ouvrent des pistes, et elles maintiennent l’espoir face au fatalisme anti spéciste : bouteilles consignées, permaculture, centrales hydro électriques, traction animale, gestion de déchets, information contre l’obsolescence programmée etc… Il y a de beaux projets !

Choisissons surtout de soutenir nos paysans, âme de la France. Réduits à une poignée, acculés au suicide, ils continuent à nous nourrir, sans compter leurs heures. Ils gagnent peu et ne se plaignent pas. Ils aménagent nos paysages gratuitement. Ils n’ont aucun pouvoir sur le prix de ce qu’ils produisent. Ils dépendent des marchés financiers ou de la dernière lubie des bobos de centre-ville. La monoculture et la massification a parfois ôté à certains le sens de leur métier, mais nous pouvons nous réjouir d’en voir d’autres, à ma génération, qui retournent à la terre ou au pastoralisme. La France et l’Europe perdraient beaucoup à leur disparition : notre nature n’est pas sauvage. C’est une nature apprivoisée depuis des millénaires. Comme dit le Renard du Petit Prince, « apprivoiser, c’est une chose trop oubliée, ça signifie créer des liens. »

Les paysans sont notre lien avec la nature, ce sont nos sentinelles aujourd’hui pour défendre l’environnement contre le grand épuisement.

François de Voyer

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

engage