Société

Le Mans : Neuf militants animalistes au tribunal

28 janvier 2022
Des militants animalistes aux abords du Salon de l’Agriculture en 2007. Crédits photo : Alain Bachellier / Flickr
Temps de lecture : 3 minutes

Ce vendredi 28 janvier, neuf militants animalistes comparaissent devant le tribunal du Mans. Ils sont soupçonnés d’avoir pris part à des intrusions et des dégradations de fermes dans la Sarthe. Les soutiens de deux parties se sont réunis aux abords de la Cité judiciaire pour faire entendre leur voix.

« Sauve un animal, finis au tribunal », « Élevage, pandémie de carnage », « Le virus, c’est le spécisme »… En silence, aux abords du tribunal du Mans, dans le froid matinal, les militants d’Animal1st arborent des pancartes aux messages évocateurs. Ce happening des animalistes est destiné à soutenir leurs camarades qui se retrouvent, ce vendredi 28 janvier, sur le banc des accusés. À quelques pas de là, sur un marché, des agriculteurs et membres de la FNSEA se réunissent pour apporter leur soutien aux plaignants.

Intrusions et association de malfaiteurs

Au total, 27 faits sont reprochés aux neufs militants antispécistes. Intrusions, tags sauvages, sabotage d’outils agricoles, recel d’agneaux, association de malfaiteurs… Le dossier que le tribunal doit examiner aujourd’hui retrace deux ans d’enquête menée par la cellule Déméter de la gendarmerie nationale. Créée en 2019, cette cellule a vocation à protéger les agriculteurs, les éleveurs et les bouchers face aux exactions des militants de la cause animale. Pendant plusieurs mois, les gendarmes ont donc suivi discrètement ces activistes. Cette longue investigation a permis de révéler au grand jour de multiples actions clandestines que les neuf prévenus auraient menées dans la région.

Parmi les plaignants, Etienne Fourmont, éleveur défenseur de la cause des agriculteurs, a porté plainte après l’intrusion des activistes dans sa ferme. Il aurait retrouvé le tag « 2020 abolition » sur l’un de ses silos. Un agriculteur voisin, aurait quant à lui, découvert l’inscription « SS » dans son élevage de porcs.

Sur les bancs des accusés, certains activistes sont bien connus des services de police. Parmi eux, Alizée Denis déjà condamnée à onze mois avec sursis en 2019 pour avoir libéré des poulets. Celle qui se dit « femelliste » – comprendre féministe et animaliste – risque aujourd’hui la prison ferme. Il en va de même pour Vincent Aubry – qui se trouvait également du côté des accusés en 2019. Ils n’hésitent pas à se présenter, auprès de nos confrères du Figaro, comme des « résistants qui veulent empêcher l’holocauste ».

Faire du procès une tribune politique

Ces militants d’Animal1st et de Boucherie Abolition souhaitent se servir de ce procès comme d’une tribune politique. Outre le happening matinal, ces activistes désirent faire entendre leurs voix. Dans une tribune commune, les prévenus écrivent : « Si l’État veut en faire une affaire politique, nous comptons bien nous aussi politiser la lutte animaliste, et qu’elle soit enfin reconnue comme le combat de justice sociale qu’elle est. Nous prenons la société à témoin sur le fait de harceler et de condamner des citoyennes et des citoyens qui sauvent des vies et dénoncent un système criminel mondial. » Ainsi, au-delà de la cause animale, ces militants antispécistes dénoncent également les moyens mis en œuvre dans ce dossier. Ils remettent en cause l’utilité et les méthodes de la cellule de gendarmerie. « Cellule Déméter, justice délétère » peut-on lire sur leurs réseaux sociaux.

Ceux qui se voient comme des lanceurs d’alerte de la cause animale encourent dans cette affaire une lourde amende et jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

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