Politique

Législatives chez Reconquête: la bataille du Var

10 juin 2022
Crédits photo : Livre Noir
Temps de lecture : 3 minutes

Le candidat à la députation Éric Zemmour poursuit sa campagne dans la 3ème circonscription du Var alors que les sondages le placent en légère avance face au candidat du Rassemblement National.

Dans un sondage Ifop-Fiducial pour la chaîne LCI, la candidate d’Ensemble Sereine Mauborgne culmine à 31% des intentions de vote, suivie de près par l’ancien journaliste Eric Zemmour et le candidat RN, l’énarque Phillipe Lottiaux, respectivement crédités de 24% et 22% suffrages. Le président du mouvement Reconquête peut tout de même compter sur un électorat, perméable à ses thèses mais surtout opposé à la politique gouvernemental qui a été sanctionné lors de l’élection présidentielle. En choisissant les anciennes terres frontistes du sud de la France, celui que ses adversaires accusent de parachutage maximise ses chances d’accéder à l’Assemblée nationale. Le pari s’avère néanmoins risqué.

La possibilité d’une coalition

Dans un débat télévisé diffusé par la chaîne locale France 3 Côte d’Azur le 26 mai dernier, les deux candidats du camp national avaient étouffé toute possibilité d’alliance. Invoquant tout deux les incompatibilités sur la question des retraites et les solutions pour redynamiser le pouvoir d’achat : une passe d’arme s’est opérée entre les deux hommes. La courtoisie de l’échange démontrait néanmoins une proximité, celle-ci se voyant décuplée lorsque les sujets d’immigration et d’insécurité ont été posés par l’animateur de l’émission.

Philippe Lottiaux regrette toutefois le parachutage d’Eric Zemmour dans son fief. Il en appelle au « rassemblement de tous les français » et balaye l’idée selon laquelle la combinaison des voix Reconquête et RN serait fertile : « On additionne les choux et les carottes (…) on ne veut pas vous tapisser le sol de rose » argue-t-il au micro de la chaîne. Deux visions stratégiques s’opposent alors : d’un côté le postulat de l’alliance de la bourgeoisie patriote et des classes populaires chérie par Reconquête, de l’autre la conjugaison des patriotes de tous bords, polarisés sur des sujets davantage socio-économiques qu’identitaires, voulue par le Rassemblement National.

Amusé par cette démonstration, Éric Zemmour revient comme il en a l’habitude à une analyse métapolitique : « Les Républicains des deux rives n’existent plus, le rassemblement des français que vous prêchez ne peut pas advenir puisque la gauche patriote n’existe plus ». Pour l’ancien chroniqueur politique, seule l’Union des Droites pourrait lutter efficacement contre l’hégémonie annoncée de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale et surtout de limiter la pénétration de la Nupes dans l’hémicycle.

De l’autre côté du spectre politique, la perspective d’une qualification Zemmour inquiète davantage que celle du candidat RN. Selon le même sondage, l’ancien polémiste perdrait à 49% face à la candidate d’Ensemble alors que son concurrent directe RN réaliserait un écart plus conséquent à 47%.

Le barrage républicain sera donc une nouvelle fois hissé pour prévenir l’arrivée du nouveau parangon de la droite nationale dans la première chambre parlementaire. En réalisant des scores cruciaux dans les grandes villes du département (22,42% à Saint-Tropez, 21,4% à Grimaud pour un score départemental de 13,25 %), Reconquête a démontré sa capacité à pénétrer certains territoires. Reste à déterminer s’ils s’y ancreront.

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