Géopolitique

L’Estonie, la Suède et la Finlande face à la Russie

5 mai 2022
Crédits photo : FinishGovernment / Flickr Creative Commons
Temps de lecture : 2 minutes

La Finlande, la Suède et l’Estonie ont vu des hélicoptères et des avions russes s’aventurer dans leurs espaces aériens ces derniers jours. Une façon pour la Russie de dissuader la Suède et la Finlande de rejoindre l’OTAN.

L’Estonie a été le théâtre, mardi 3 mai, d’une intervention de l’Otan après qu’un aéronef russe ait pénétré son espace aérien. Des avions de chasse français ont alors escorté l’avion russe vers la frontière dans le cadre de la police de l’air de l’Otan. Le 4 mai, un hélicoptère russe s’aventurait dans le ciel finlandais. Quelques semaines plutôt, l’espace aérien suédois subissait le même sort. Face à ces intrusions répétées, la Suède et la Finlande, qui ne sont pas dans l’Otan, souhaitent se prémunir du sort que la Russie a réservé à l’Ukraine. « Ils [les Russes, ndlr] manifestent leur mécontentement, et aussi une manière d’exercer une pression directe sur ces deux pays, sachant que la Finlande a elle aussi une frontière directe avec la Russie », explique Peer de Jong, expert en sécurité internationale, auprès de Franceinfo. La candidature de la Finlande serait quant à elle imminente.

Vers une adhésion de La Finlande et la Suède dans l’Otan ?

La Finlande devrait déposer sa candidature d’adhésion d’ici la fin juin. En attendant, le Premier ministre finlandais, Sanna Marin, estime que l’opinion publique de son pays a radicalement changé depuis l’invasion de l’Ukraine. « Tout a changé quand la Russie a envahi l’Ukraine, explique Sanna Marin. L’état d’esprit des Finlandais comme les Suédois s’est transformé radicalement à cause des actes de la Russie, c’est très clair » explique-t-elle aux côtés de son homologue suédoise, Magdalena Andersson. S’il y a trois mois 30% des Finlandais jugeaient favorablement l’entrée de leur pays dans l’Otan, ils sont désormais 68%. Parmi les 200 députés, seuls 12 s’opposent à l’entrée de Finlande dans l’Alliance Atlantique. La Finlande se sent d’autant plus menacée que Moscou l’a menacé de graves conséquences dès le début de la guerre en Ukraine si elle rejoignait l’Otan et que le pays compte 1 350 km de frontière avec la Russie.

En Suède, l’opinion publique a également fait un virage à 180°. Militairement neutre depuis deux siècles, 50% de sa population plaide en faveur d’une intégration de leur pays à l’Otan, face à 30% y restent opposés. Toutefois, le gouvernement, pourtant très attaché à cette notion de neutralité, envisage sérieusement d’intégrer l’Alliance Atlantique. Plutôt que de dissuader les deux pays de rejoindre l’Otan, Vladimir Poutine les a poussés dans ses bras. Un échec cuisant pour le maître du Kremlin qui prévoirait l’invasion de la Moldavie d’ici le 9 mai.

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