Société

Lyon : bientôt des pistes cyclables « non-genrées » ?

9 juin 2022
Crédits photo : david di marcantonio / Flickr
Temps de lecture : 3 minutes

Sur Twitter, Fabien Bagnon, vice-président de la métropole de Lyon en charge de la voirie, a évoqué la création de « pistes [cyclables] non genrées et donc inclusive ». Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir.

Sortie de piste, roue libre, la majorité déraille… Les jeux de mots sont nombreux sur les réseaux sociaux et dans la presse pour dénoncer la nouvelle lubie de la métropole de Lyon : la mise en place de pistes cyclables non-genrées. En effet, alors qu’il se félicitait de l’ouverture à la circulation de la première voie lyonnaise Fabien Bagnon s’est vu interpellé sur la prise en compte de la parité à Lyon. L’adjoint a alors répondu : « la parité d’usage est bien intégrée dans notre plan vélo. C’est même un des indicateurs de sa réussite. Pour l’invitation, elle concernait de très bonnes connaissances non lyonnaises. » Et d’ajouter : « C’est d’ailleurs la communauté de femmes à vélo qui participe aux réunions techniques avec les équipes des Voies Lyonnaises pour concevoir des pistes non genrées et donc inclusives.« 

Le sens des priorités des écolos

Dans la communauté lyonnaise, ce simple tweet n’est pas passé inaperçu. Un utilisateur de Twitter ironise alors : « On veut des pistes cyclables non genrées, inclusives, populaires, participatives, citoyennes et solidaires, bio, locales, apaisées et festives, bienveillantes et résilientes, peut-être même zéro déchet ». Dans un communiqué publié mercredi 8 juin, l’opposition de la droite, du centre et de la société civile dénonce « l’idéologie en roue libre » de la majorité écologiste. Et d’ajouter : « Nous sommes toujours émerveillés par cette capacité créatrice sans bornes de la Nupes locale à inventer des concepts qui, in fine, enfoncent plus des portes ouvertes qu’autre chose. (…) Quelle sera la suite ? Une distinction par l’âge ? Par la taille du mollet ? Par la couleur du vélo ? » 

Face à la polémique, Fabien Bagnon a tenté de s’expliquer. Invoquant l’apport des sciences sociales, il écrit : « Si l’on veut une égalité réelle de toutes et tous, on doit chercher à faire en sorte que chacun puisse bénéficier des aménagements publics. » Et de préciser : « Quand on parle d’aménagement non genré, on cherche à identifier ce qui peut freiner son utilisation par un genre. Est-ce un problème d’éclairage nocturne ? Est-ce que la piste est monopolisée pour des usages sportifs principalement masculins ? »

Mais il ne parvient toujours pas à convaincre. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, Anne-Sophie Chazaud s’interroge : «Et si on parlait plutôt de la délinquance, de l’incivilité, de l’insécurité à Lyon?». En effet, « alors que le monde est à feu et à sang », et que les Français s’inquiètent de leur fin de mois, les écologistes semblent s’enfermer dans leur lubies « obsessionnelles » selon la chercheuse. Il serait peut être temps de revoir leurs priorités…

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