Protéger nos frontières pour défendre nos terroirs : la voie austro-hongroise

Une politique de protection de la nature ambitieuse n’est possible qu’avec des frontières. C’est cela que la France n’a pas compris.
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En France, la crise sanitaire conduit un grand nombre de nos concitoyens à s’échapper vers la campagne, ou vers les villes moyennes. Les confinements à répétition mettent crûment en lumière la dégradation des conditions de vie dans les métropoles, dans nos foyers. Car c’est aussi cela l’écologie : pas seulement des prévisions de température dans les 50 prochaines années, mais l’avilissement actuel de notre cadre de vie : bruit, embouteillages, insécurité, saleté, bétonnage… Et de ce point de vue, il n’y a aucun doute : notre Maison brûle, et nous la regardons brûler. Oui, notre Maison brûle et notre devoir de conservateurs, c’est aussi bien d’empêcher les progressistes fous de se jeter dans le brasier que certains à droite de regarder ailleurs. L’écologie est pleinement conservatrice. Les premières sentinelles à avoir mis en garde contre le déferlement de la technique, l’hybris de l’individu et la croissance infinie sont des conservateurs, et pour beaucoup, ils sont Français : Giono, Bernanos, Ellul ou Charbonneau.

Dès les années 40 et 50 du siècle dernier, ils ont réalisé le danger du règne absolu de la technique, couplé au libre-échange ! Avec ses penseurs et son terroir, la France aurait dû incarner une voie saine pour protéger la Nature. Notre pays est un des territoires qui possède, avec ses régions d’Outre Mer, l’une des plus incroyables diversité de paysages, de terroirs, de littoraux, d’espèces de faune et de flore, et de manière d’aménager, de cultiver, et de fertiliser. Nous sommes un des premiers pays à avoir protégé notre patrimoine historique et naturel, nous avons la chance d’avoir des sources variées d’approvisionnement énergétique, et un potentiel d’autosubsistance. Pourtant, nos politiques ne se sont pas sincèrement emparé du sujet. Parce qu’ils restaient obsédés par ce mantra : « à problème global, solutions globales », un sophisme stupide, comme « l’immigration est une chance ». Au contraire, seuls des Etats Nations puissants ont les moyens et la volonté de s’attaquer aux défis écologiques. Ne laissez pas la question climatique sur laquelle nous avons une prise limitée effacer la disparition de la biodiversité, l’artificialisation des terres, les pollutions, le modèle d’hyper consommation, sur lesquels chaque Etat, mais aussi chaque citoyen a un poids considérable.

Seule l’échelle nationale – soit à l’intérieur de nos frontières, soit par la coopération entre Etats souverains – propose des solutions opérationnelles. Les COP sont des cirques coûteux qui brassent du vent.

Oui, une politique de protection de la nature ambitieuse n’est possible qu’avec des frontières. C’est cela que la France n’a pas compris. C’est cette voie qui a été ouverte en 2020 par l’Autriche et la Hongrie.

« Il est tout à fait possible de protéger le climat et les frontières » déclarait le chancelier Kurz en janvier 2020 pendant qu’au même moment, le président Orban, dont on connaît les positions sur l’immigration, lançait une « stratégie nationale pour le climat ». Peu importe que ces positions soient dictées par un contexte politique ou une part d’opportunisme, elle sont fondamentales.  Elles posent enfin le constat tragique dont la jeunesse européenne est pleinement consciente : deux évolutions sont irréversibles, l’immigration massive et la destruction de notre environnement. On ne peut régler un sujet sans s’attaquer à l’autre.

Mieux, les deux sont pleinement liés. C’est l’émigration qui empêche la transition démographique des pays les plus pauvres, transition démographique qui est un des principaux moteurs d’une meilleure protection de l’environnement. C’est l’immigration qui interdit un aménagement du territoire à long terme des pays d’accueil. Car le mineur isolé, débarqué par des passeurs à la frontière franco-espagnole voit immédiatement son empreinte carbone décuplée. Il vient bouleverser le système d’éducation, de santé qui doivent s’organiser sur des trajectoires démographiques stables, et qui est perturbé par un afflux imprévu de population. Ce migrant, malgré toute sa bonne volonté, n’a pas le respect millénaire du citoyen pour son foyer, et sa préoccupation est d’abord de survivre dans des conditions difficiles plutôt que de se préoccuper de l’avenir du pays qui vient de lui ouvrir les bras.

Il n’y a rien de particulièrement novateur dans le programme écologique autrichien ou hongrois : neutralité carbone, diversification des sources d’énergie, amélioration des chauffages individuels, développement de l’agroforesterie, protection des cours d’eau… Mais il y a du bon sens, de l’ambition, et surtout, il y a une cohérence avec leur vision de la souveraineté et de la lutte contre l’immigration qui leur donne une efficacité redoutable. A quoi bon l’application louable des Français pour protéger leur environnement si chaque année, 275 000 personnes entrent légalement sur leur territoire ? Sans compter les dizaines de milliers d’illégaux ?  Comment demander un effort à celui qui sent qu’il peut devenir du jour au lendemain étranger à son propre pays ? A force de constituer des peuples nomades, au nom de la sacro-sainte mobilité, nous récoltons les fruits amers du nomadisme : pillage, vision à court terme, déracinement moral…

Lutte contre l’immigration de remplacement, défense de la Nature : si la jeunesse européenne prend conscience que ceux qui veulent séparer les deux sujets sont des aveugles, des naïfs ou des manipulateurs, qu’il s’agit d’un commun combat, alors nous aurons la victoire. Et à chaque génération, nous pourrons écrire, comme Bernanos : « j’habitais, au temps de ma jeunesse, une vieille chère maison du pays d’Artois, plein d’un murmure de feuillage et d’eau vive ».

François de Voyer

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