Politique

Quand la gauche s’offusque d’un débat Ruffin-Bellamy

8 juin 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Pour son numéro d’été, la revue Limites propose un entretien-débat entre François-Xavier Bellamy (LR) et François Ruffin (candidat Nupes) sur le thème du progrès. De quoi faire grincer des dents à gauche…

« François Ruffin a-t-il accordé un entretien à une revue d’extrême droite ? » s’interroge le service CheckNews de Libération. La question semble de première importance. Le ton est grave. Libération réalise que des politiques issus de la gauche peuvent donner des interviews à des médias « dissidents » et apprécier l’esprit de débat et la liberté d’expression. En effet, François Ruffin député sortant et candidat à sa réélection sous la bannière de la Nupes a accepté de réaliser un entretien croisé avec François-Xavier Bellamy dans la revue Limites.

Libération demande des explications à Ruffin

Cette revue, fondée par Paul Piccarreta, Gautier Dès et Eugénie Bastié (du Figaro) en 2015, se veut un lieu de réflexion sur l’écologie intégrale. Si à ses débuts la revue suivait une voie conservatrice ou du moins apparentée au conservatisme, elle prend une nouvelle direction depuis plusieurs mois. En effet, son directeur de rédaction, Paul Piccarreta, s’assume « néo-catho de gauche ». Il est connu dans la sphère catholique pour ses positions progressistes notamment pour avoir dénoncé un pèlerinage en l’hommage des martyrs de la Commune en mai 2021. Loin de l’extrême-droite décrite par Libération...

Mais cela ne suffit pas pour la gauche bien-pensante. Face aux journalistes de Libération, François Ruffin est sommé de s’expliquer et de se justifier. «Paul Piccarretta a publié un livre avec François Bégaudeau, intitulé Jésus, les bourgeois et nous, que j’avais apprécié. Il m’a proposé un débat contradictoire avec François-Xavier Bellamy sur le progrès, question à laquelle j’ai moi-même réfléchi dans un essai. J’ai accepté» explique le candidat de la Somme.

Pourtant, dans cet entretien approfondi et travaillé, François Ruffin, tout comme François-Xavier Bellamy, a le temps de développer sa pensée, notamment autour de la notion du progrès. Les deux hommes se retrouvent sur la nécessité de cesser de considérer le progrès comme nécessairement bon. Ils regrettent aussi conjointement le manque de réflexion en politique. « La politique est une machine à arrêter de penser » déplore le philosophe LR. S’en suit une discussion sur la raison d’être de la droite et de la gauche. Si l’auteur des Déshérités regrette que la droite est délaissé sont rôle de transmission pour ne devenir qu’un « syndicat de privilégiés », François Ruffin adresse la même critique à la gauche qui a délaissé les travailleurs pauvres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *